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  <title>Quintescenteries</title>
  <description><![CDATA[Quintescenteries et autres diableries]]></description>
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<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/31/261-la-venue">
  <title>La venue</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/31/261-la-venue</link>
  <dc:date>2011-07-31T11:17:50+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Ils viendront me chercher.
Un jour.
Maintenant, je n’ai plus de doute.
J’ai longtemps cru que pour vivre ensemble, il suffisait de vivre, quoi.
Tranquillement, sans emmerder personne.
De faire comme les autres.
De mettre ses pas dans les leurs.
De rendre plus de services que l’on nous...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Ils viendront me chercher.</p>
<p>Un jour.</p>
<p>Maintenant, je n’ai plus de doute.</p>
<p>J’ai longtemps cru que pour vivre ensemble, il suffisait de vivre, quoi.</p>
<p>Tranquillement, sans emmerder personne.</p>
<p>De faire comme les autres.</p>
<p>De mettre ses pas dans les leurs.</p>
<p>De rendre plus de services que l’on nous en demande.</p>
<p>De se rendre un tout petit peu indispensable.</p>
<p>Mais ça ne leur suffit pas.</p>
<p>Ils n’aiment pas ce que je suis.</p>
<p>Et je comprends que si je changeais tout ce qu’ils peuvent me reprocher, même ce qui ne se change pas, ça ne leur suffirait pas. Ils trouveraient aisément autre chose.</p>
<p>Alors voilà, ils ne m’aiment pas.</p>
<p>Je ne suis pas le seul.</p>
<p>Il y en a eu beaucoup avant moi.</p>
<p>Ca s’est toujours fini de la même façon.</p>
<p>Un jour l’un d’entre eux, plus énervé, plus éméché, plus aigri que les autres devient plus véhément.</p>
<p>Ils lèvent leur désœuvrement de leur siège usé.</p>
<p>Et ils viennent vous chercher.</p>
<p>Avant, je me disais, qu’ils y viennent.</p>
<p>Tu as vu comment je suis bâti, je ne suis pas un gringalet.</p>
<p>Je me disais que je mettrais quelques gifles, que je casserais quelques gueules, quelques têtes, et que ça suffirait à disperser les autres.</p>
<p>Mais ce serait trop simple.</p>
<p>Une foule.</p>
<p>On ne résiste pas à une foule.</p>
<p>Elle vous prend, elle vous met en pièces.</p>
<p>Une foule imbécile.</p>
<p>Pas même un cerveau pour cent.</p>
<p>Des poings, des pierres, des injures, de la bave.</p>
<p>Et après plus rien.</p>
<p>Personne n’aura rien vu.</p>
<p>Je le sais, maintenant.</p>
<p>J’en ai vu tant d’autres comme moi.</p>
<p>Ils viendront, tôt ou tard.</p>
<p>Je ne les attends pas, mais je me tiens prêt.</p>
<p>Tout le temps.</p>
<p><img src="http://www.imaniye.net/wp-content/gallery/cache/609__470x_le-cri-de-pierre.jpg" border="0" width="480"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/30/260-c-etait-tout-con">
  <title>C'était tout con</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/30/260-c-etait-tout-con</link>
  <dc:date>2011-07-30T20:53:27+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>Comment je suis devenu stupide</dc:subject>
  <description>Soudain, une idée stupide me vint.
Manger.
C’était bizarre, parce cette idée-là, je l’avais déjà eue, et alors, cette idée ne m’avait pas du tout paru idiote.
Mais là, il fallait me rendre à l’évidence.
Puisque j’avais épuisé toutes mes idées intelligentes, celle-ci était...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Soudain, une idée stupide me vint.</p>
<p>Manger.</p>
<p>C’était bizarre, parce cette idée-là, je l’avais déjà eue, et alors, cette idée ne m’avait pas du tout paru idiote.</p>
<p>Mais là, il fallait me rendre à l’évidence.</p>
<p>Puisque j’avais épuisé toutes mes idées intelligentes, celle-ci était forcément stupide.</p>
<p>je découvrais soudain qu’une idée n’était pas automatiquement idiote <i>per se</i>, mais que son idiotie était une conséquence du contexte dans lequel elle surgissait, et de son adéquation à la situation.</p>
<p>Cette découverte me donnait une piste pour la production de nouvelles idées idiotes, et du coup, je me sentais beaucoup plus confortable.</p>
<p>J’avais enfin trouvé un repère.</p>
<p><img width="480" border="0" src="http://www.digitalthink.fr/wordpress/wp-content/uploads/2008/06/lighthouse-court-metrage.jpg"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/30/259-comment-c-est-arrive">
  <title>Comment c'est arrivé</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2011/07/30/259-comment-c-est-arrive</link>
  <dc:date>2011-07-30T19:27:27+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Et c’est ainsi, qu’à force de parler sans répit, il arriva un jour que je me trouvai à court de chose intelligente à dire.
Et comme une biologie exigeante m’imposait de ne pas cesser de parler, je m’aperçus avec une certaine inquiétude que j’étais contraint de parler de choses...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Et c’est ainsi, qu’à force de parler sans répit, il arriva un jour que je me trouvai à court de chose intelligente à dire.</p>
<p>Et comme une biologie exigeante m’imposait de ne pas cesser de parler, je m’aperçus avec une certaine inquiétude que j’étais contraint de parler de choses sottes.</p>
<p>Très bien. Pas de problème. Nécessité fait loi. Disons des sottises.</p>
<p>C’était nouveau pour moi, et je ne savais pas trop comment m’y prendre.</p>
<p>Je constatai avec étonnement que la sottise me demandait au moins autant d’efforts et de concentration que les choses intelligentes.</p>
<p>J’en étais stupéfait, et j’en conçu un tout nouveau respect pour toutes les méduses pleines d’eau que je voyais quotidiennement produire sans effort des sottises.</p>
<p>Allons, me disais-je, tu es aussi bête qu’un autre, il te suffit de ne pas penser, c’est essentiellement une question de volonté.</p>
<p>Mais la volonté me fuyait, je me sentais diminué. Inférieur. Minable.</p>
<p>Je ne pouvais pas le croire.</p>
<p>Je regardais avec rancoeur et jalousie passer des connes sans cervelle, que je couvrais autrefois d”un sourire condescendant.</p>
<p>Mais, bon sang, des conneries, j’en sais. J’en fais. J’en ai fait autrefois. Tout le monde en fait. Ca va forcément me revenir.</p>
<p>Mais ça ve venait pas.</p>
<p>J’allumais la télé.</p>
<p>Il y avait des conneries sur toutes les chaînes.</p>
<p>C’était facile.</p>
<p>Pour commencer, je n’avais qu’à me souvenir de ce qu’ils étaient en train de dire.</p>
<p>Mais rien. Le noir. J’étais bloqué.</p>
<p>Plus j’essayais, plus j’étais désespéré, plus l’angoisse montait, et plus les réflexions logiques se présentaient.</p>
<img border="0" width="480" src="http://a7.idata.over-blog.com/630x470-000000/3/44/63/09/Pub-internationales/diesel-be-stupid-4.jpg">]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2010/01/30/258-comment-j-ai-failli-acheter-une-nespresso">
  <title>Comment j'ai failli acheter une Nespresso</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2010/01/30/258-comment-j-ai-failli-acheter-une-nespresso</link>
  <dc:date>2010-01-30T18:09:27+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Avec mes collègues, nous envisageons de passer au Nespresso.
Parce que machin, tout ça, ici le café, il est dégueu, et puis hors de prix, machin, tout ça.
Bon, ok.
Aussi, ce samedi, je me décidai à aller faire un tour à Paris, direction Opéra Garnier, RER A station Auber.
Avec le train,...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Avec mes collègues, nous envisageons de passer au Nespresso.<br />
Parce que machin, tout ça, ici le café, il est dégueu, et puis hors de prix, machin, tout ça.</p>
<p>Bon, ok.
Aussi, ce samedi, je me décidai à aller faire un tour à Paris, direction Opéra Garnier, RER A station Auber.
Avec le train, j'en avais en tout pour une petite heure de trajet.
Là, en face de l'opéra, rue Scribe, il y a la boutique Nespresso.</p>

<p>Comme j'ai travaillé à côté pendant plus de deux ans, je sais exactement où elle est, mais quand je passais l&agrave; &agrave; l'&eacute;poque, elle était en travaux, et je n'y étais jamais entré.
Pendant toute cette période, le grand bout de bâtiment (dans un des endroits les plus chers de Paris) était recouvert par un immense drap noir, comme un catafalque, avec un portrait de George Clooney de dix mètres de haut. Ce portrait faisait face à Zinedine Zidane, de la même taille, qui recouvrait l'immeuble de Generali Assurances, à l'angle de la rue des Mathurins, et qui avait lui-même précipitamment remplacé Yann Eliès après le piteux abandon de celui-ci au cours du Vendée-Globe. Mais bon, c'est une autre histoire.</p>

<p>Donc, j'entrai, et je prends mon air de client le plus avenant.
Il y avait à l'entrée deux pingouins, en costume de pingouins, je veux dire, un mâle et une femelle, qui avaient pour rôle apparent de répondre bonjour aux client qui leur disaient bonjour.
Comme ils ne se décidaient pas à en faire davantage, malgré mon air qui signifie "je suis venu dépenser toute une vie d'économies en machines à café", je pris mon courage à deux mains, et je leur posai une QROC (question à réponse ouverte et courte) de forme non-interrogative, toutefois: <br />
- Bonjour ce serait pour acheter une machine... [air qui veut dire vous êtes sur le point de gagner votre journée].Je reconnais cependant que mon sac à dos, mon sac Surcouf au bout du bras et mon équipage vaguement kaki pouvaient leur faire supputer que j'&eacute;tais plutôt un SDF malencontreusement égaré dans ces lieux sacrés, et commettant une profanation par ignorance. C'est probablement assez différent de la faune qui croise habituellement en ces lieux, qui est plutôt constituée de touristes en costume recherché ou en fourrure, et échangeant en toute langue de la planète, pourvu que cela ne soit pas le français. Les pingouins rest&egrave;rent cependant très professionnels, et avant de reprendre leur faction, ils répondirent poliment:
- Oui, monsieur, c'est au fond, là-bas.
- Ah, je vous remercie.
- Bonne journée, monsieur.</p>

<p>Au fond, donc, il y avait effectivement plusieurs pupitres, dont un seul était occupé, et des vitrines avec des machines dedans.
La vendeuse du pupitre était affairée avec deux clients. Bon. Un peu de patience, j'ai tout mon temps.<br />
Il y avait pas mal d'autres clients tous plus ou moins en cravates ou en tailleurs, qui regardaient les machines d'un air pénétré. Je me demandais ce qu'ils pouvaient chercher comme information, car en dehors de l'étiquette du prix, prisonnière dans une double plaque de résine transparente, il n'y avait pas grand chose.
Les plus audacieux posaient la main sur les tasses en verre au sigle de Nespresso, et les faisaient tourner, pour vérifier que l'autre côté était bien aussi transparent que la face apparente, et pour s'assurer, j'imagine, qu'il y avait bien dans ces tasses une sorte de concavité sur le dessus, dans laquelle on pourrait déverser du café afin de consommer ce dernier.
Ensuite, après s'être rendus à l'évidence qu'il n'y avait vraiment plus rien à observer ici, les susdits clients passaient leur chemin, ce qui m'était d'un certain réconfort, car je voyais ainsi fondre la liste d'attente pour l'accès à ma vendeuse.</p>

<p>J'avais tout loisir d'observer l'immense boutique, en rotonde, avec de nombreuses vitrines (toutes identiques, car la gamme ne comporte qu'une dizaine de machines) et des écrans géants qui passaient la publicité de Georges Clooney en boucle ininterrompue jusqu'au dégoût.</p>
<p>J'admirais aussi l'abondance de personnel, pour la plupart en costumes noirs identiques, qui semblaient discuter entre eux sans se préoccuper des clients, et même une jeune fille en blouse, qui vaporisait un produit désinfectant sur les rampes et les poignées. Tout cela &eacute;tait pleinement feutr&eacute; et rassurant. </p>
<p>Enfin, au bout d'une dizaine de minutes, la transaction semblait se conclure avec la vendeuse. Elle remit aux clients l'objet de leur emplette, et les invita à passer à l'étage inférieur, afin d'acheter leur café. La vendeuse s'empara de quelques sacs à côté de son pupitre et sembla se disposer à les suivre.<br />
  Levant les yeux, elle constata ma présence incongrue.
- Oui, monsieur, c'est pour acheter une machine ? dit-elle, d'un air contrarié.<br />
Je compris alors que j'avais sur le visage, cet air qui signifiait "Je cherche le rayon des yaourts, mais je me suis fourvoyé dans cette boutique de machines à café".<br />
Elle jeta un regard circulaire, et constatant qu'elle était la seule vendeuse de machines à café dans cette région de l'univers, elle se tourna vers moi et dit: <br />
- Je peux vous demander de patienter ?
Je m'abstins de lui faire remarquer que j'avais déjà fait preuve d'une certaine patience, et qu'elle pouvait compter sur cette qualité de ma part. Au lieu de cela, je répondis simplement: - Oui...<br />
Et elle tourna les talons.</p>

<p>Quatorze minutes plus tard, lassé de me distraire &agrave; regarder la publicité de George Clooney, je sortis et je rentrai chez moi.</p>

<p><img src="http://is.gd/7mB4a" alt="machine &agrave; caf&eacute;" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/08/05/257-la-vague">
  <title>La vague</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/08/05/257-la-vague</link>
  <dc:date>2009-08-05T12:11:00+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>J'ai rencontré quintescent</dc:subject>
  <description>Moi, j'ai rencontré quintescent en 2004, pendant le tsunami.
Pour nous, c'était une légende dans le milieu du racket-surf, le surf en raquettes.
On était toute une bande, de tous les pays du monde, avec un seul point commun: On était dingues de vagues.
Pour être plus exact, on attendait LA...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Moi, j'ai rencontré quintescent en 2004, pendant le tsunami.<br/>
Pour nous, c'était une légende dans le milieu du racket-surf, le surf en raquettes.<br/>
On était toute une bande, de tous les pays du monde, avec un seul point commun: On était dingues de vagues.<br/>
Pour être plus exact, on attendait LA vague.<br/>
Le rouleau légendaire, le tube parfait.</p>

<p>Certains attendaient depuis des années.<br/>
Les plus anciens étaient des vétérans de la guerre du Viet-Nam, au look de hippie grisonnants.<br/>
Ils aimaient laisser croire qu'ils étaient déserteurs de l'US army, mais peut-être qu'ils avaient juste été réformés ou oubliés lors de l'évacuation, en train de cuver leur marie-jeanne dans une chambre paumée.<br/>
De toutes façons, personne ne se posait bien longtemps ce genre question, une fois qu'il était allongé sur le sable.</p>
<p>Les plus jeunes étaient des gamins danois, arrivés la veille, attirés par la réputation du spot.</p>

<p>Les pétards tournaient, les filles tournaient, et on était parfois pas très prudents, avec les putains de lois islamiques du pays, qui avaient vite fait de vous envoyer au trou pour vingt ans pour détournement de mineur ou pour trafic de drogue. Mais ça allait toujours: tant qu'on avait un ou deux billets à leur filer, les flics fermaient les yeux. Un bon business pour eux.</p>

<p>Au bout de quelques jours, on s'apercevait qu'en fait de vague, la mer était plutôt plate, par ici. Il y avait quelques moutons, et une barre assez marquée, à 300 m du rivage, mais à part ça, pas grand chose.<br/>
On finissait par se demander ce qui avait fait naître l'incroyable réputation de l'endroit.<br/>
Mais le soir, autour du feu de camp, on se répétait la légende, et on restait un jour de plus.<br/>
Ca durait des années.</p>

<p>Et puis un jour, quelqu'un a annoncé le passage de quintescent.<br/>
LE quintescent.<br/>
L'inventeur de la philosophie du racket-surf, le découvreur des spots les plus mythiques de la planète.<br/>
Tenir sur l'eau avec des raquettes, quand on y pense, ça a quelque chose de magique.<br/>
Ce type réinventait les lois de la physique et de l'espace avec son corps.</p>

<p>Et ce corps, justement, ça disait quelque chose aux filles !<br/>
Elles étaient électrisées. Jamais vues comme ça.<br/>
Elles se repassaient des pics trouvées sur Internet.<br/>
Du coup, les garçons faisaient un peu la gueule, parce qu'il n'y avait jamais eu autant de rateaux dans la bande que la veille de sa venue.</p>

<p>Il est arrivé un soir, autour du feu de camp.<br/>
Une soirée inoubliable.<br/>
Il faisait un temps magnifique - comme tous les jours, en fait.<br/>
La nuit était douce, on buvait ses paroles.<br/>
L'expérience de ce type était incroyable.<br/>
Je n'aurais jamais cru qu'on puisse faire tant de trucs dans une seule vie.</p>

<p>Il ne pouvait pas rester.<br/>
Il avait une conférence le lendemain, pour une journée de la glisse, dans la capitale.<br/>
Il partait à l'aube.<br/>
Mais promis, il revenait le lendemain, pour une glisse de légende.<br/>
On avait tous une boule dans la gorge à cette idée.<br/>
Certaines filles chialaient.<br/>
Et pas seulement les filles...</p>

<p>Et puis la vague est venue.<br/>
Le tsunami.<br/>
La plage a disparu.<br/>
J'ai revu quintescent le lendemain, il arrivait de la capitale.<br/>
On a discuté un moment, du haut d'une colline, en regardant la mer.<br/>
On a essayé de parler de raquettes et de glisse.<br/>
Mais j'étais le seul survivant de la bande, j'avais plus trop la frite.<br/>
Alors j'ai laissé tomber, et je suis rentré.</p>

<p align="center"><img alt="la vague" src=" http://is.gd/23vGR" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/30/256-la-grenouille-qui-voulait-vivre">
  <title>La grenouille qui voulait vivre</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/30/256-la-grenouille-qui-voulait-vivre</link>
  <dc:date>2009-07-30T13:58:14+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>La mouche qui voulait vivre</dc:subject>
  <description>C'était une grenouille qui voulait vivre.
Vous ne m'avez pas encore dit quels étaient vos
goûts, en matière de grenouille, mais vous auriez
adoré celle-ci.
Une belle grenouille rousse, mouchetée de brun,
avec un ventre jaune pâle.
De beaux yeux...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>C'&eacute;tait une grenouille qui voulait vivre.</p>
<p>Vous ne m'avez pas encore dit quels &eacute;taient vos
go&ucirc;ts, en mati&egrave;re de grenouille, mais vous auriez
ador&eacute; celle-ci.</p>
<p>Une belle grenouille rousse, mouchet&eacute;e de brun,
avec un ventre jaune p&acirc;le.<br>
De beaux yeux globuleux, immenses, jaunes d'or, piquet&eacute;s de
noir, qui vous regardaient avec une intensit&eacute;... (enfin,
quand vous bougiez, car elle voyait surtout le mouvement).</p>
<p>Des petites pattes d&eacute;licates, et des cuisses.<br>
Ah, des cuisses !<br>
Les plus belles cuisses qu'on ait vu sur une grenouille depuis
plusieurs saisons.<br>
Des cuisses qui faisaient des envieux et des jalouses.</p>
<p>Elle aimait le soleil, qui jouait entre les branches, qu'elle
regardait depuis un couvert de feuilles rousses.</p>
<p>Elle aimait la pluie, qui tapottait sur le sous-bois, et
r&eacute;pandait une agr&eacute;able fra&icirc;cheur.</p>
<p>L'hiver, elle hibernait, sous un tas de feuilles.</p>
<p>Au printemps, r&eacute;veill&eacute;e par la
ti&eacute;deur, elle &eacute;mergeait, &eacute;blouie par
le soleil, grignottait une mouche ou un ver, et se mettait en voyage,
r&eacute;pondant &agrave; un appel.<br>
Elle ne savait pas encore quoi.<br>
Elle ne savait pas encore qui.<br>
Elle ne savait m&ecirc;me pas o&ugrave;.<br>
Elle avan&ccedil;ait, trainant son ventre sur les feuilles, avalant
un ver ou une mouche, au hasard des rencontres.<br>
La vie &eacute;tait si douce.</p>
<p>Elle traversait la route, et finissait par arriver au bord
d'une mare.<br>
Et c'&eacute;tait comme le centre de l'univers.<br>
La mer promise.<br>
Et par dessus tout, la compagnie &eacute;tait charmante.<br>
Des petits m&acirc;les &eacute;nergiques, pr&ecirc;ts
&agrave; se chamailler pour ses faveurs.<br>
Ils passaient beaucoup de temps &agrave; demander "Quoi ?", comme
des gamins.<br>
Par d&eacute;rision, elle r&eacute;pondait "Quoi, quoi ?".<br>
Forc&eacute;ment, elle finissait par se laisser s&eacute;duire.<br>
Son pr&eacute;f&eacute;r&eacute; (ou quelques-uns d'entre
eux) s'agrippaient &agrave; son dos, et elle pouvait
l&acirc;cher tous ces oeufs qui lui faisaient ce gros ventre si
sexy.<br>
Elle collait la grappe d'oeufs sous la feuille d'une plante aquatique,
et c'&eacute;tait fini.<br>
Elle se sentait... accomplie.</p>
<p>Alors, elle repassait la route, et retournait au frais, dans
son creux de feuilles.</p>
<p>Une fois, elle aper&ccedil;ut deux gros yeux blanc-bleu
fascinants
qui la regardaient au loin, sur la route.</p>
<p>Et elle regardait les gros yeux.<br>
Et les gros yeux la regardaient.<br>
Et elle regardait les gros yeux.<br>
Et les gros yeux la regardaient.</p>
<p>Et les gros yeux blanc-bleu se rapprochaient en faisant un
ronronnement sympathique.</p>
<p>Alors, pour engager la conversation, la grenouille dit "Quoi ?<br>
Et toutes les grenouilles alentour r&eacute;pondirent: Quoi, quoi ?<br>
Et les gros yeux se rapprochaient.</p>
<p>Et la grenouille r&eacute;p&eacute;ta: Quoi ?<br>
Et toutes les grenouilles alentour r&eacute;pondirent: Quoi, quoi ?<br>
Et les gros yeux se rapprochaient.</p>
<p>Et la grenouille r&eacute;p&eacute;ta: Quoi ?<br>
Et toutes les grenouilles alentour r&eacute;pondirent: Quoi, quoi ?<br>
Et les gros yeux se rapprochaient.</p>
<p>Et la grenouille r&eacute;p&eacute;ta: Quoi ?"<br>
Et puis, plus rien.</p>
<p><img width="480" src="http://is.gd/1Ui1n"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/17/255-la-mouche-qui-voulait-vivre">
  <title>La mouche qui voulait vivre</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/17/255-la-mouche-qui-voulait-vivre</link>
  <dc:date>2009-07-17T16:39:47+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>La mouche qui voulait vivre</dc:subject>
  <description>C'était une mouche qui voulait vivre.

Je ne sais pas quel est votre genre, en matière de mouche,
mais tous ceux qui l'avaient rencontrée la trouvaient
adorable.
Une belle mouche bleue.
Ou verte, ça dépendait de l'angle sous lequel
vous la regardiez.
Avec...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ C'&eacute;tait une mouche qui voulait vivre.<br>
<br>
Je ne sais pas quel est votre genre, en mati&egrave;re de mouche,
mais tous ceux qui l'avaient rencontr&eacute;e la trouvaient
adorable.<br>
Une belle mouche bleue.<br>
Ou verte, &ccedil;a d&eacute;pendait de l'angle sous lequel
vous la regardiez.<br>
Avec des grandes soies noires sur le thorax.<br>
Et pas un gramme de cellulite.<br>
<br>
Elle voulait juste vivre tout une vie de mouche toute simple.<br>
Voler au soleil, profiter de la vie.<br>
Voir des fleurs, respirer.<br>
Faire des rencontres.<br>
Taquiner des vaches et des chevaux.<br>
<br>
Mais ce qu'elle adorait par dessus tout, c'&eacute;tait faire des
gueuletons avec des copines.<br>
Trouver une belle bouse odorante, que personne n'avait encore
d&eacute;couverte.<br>
Une bouse bien fra&icirc;che, qui commen&ccedil;ait juste
&agrave; s&eacute;cher au soleil, avec une cro&ucirc;te
fine et craquante, et un coeur bien juteux et go&ucirc;teux.<br>
Elle pompait un peu de salive par sa trompe, pour ramollir la
cro&ucirc;te, et elle aspirait le nectar qui les plongeait toutes
dans l'extase.<br>
De plus, ces orgies insens&eacute;es leur donnait des
id&eacute;es.<br>
Il n'&eacute;tait pas rare qu'elle se retrouve avec un (ou
plusieurs) &agrave; m&acirc;les sur le dos au milieu de sa
d&eacute;gustation.<br>
Mais elle ne se laissait pas distraire pour autant. C'&eacute;tait
trop bon.<br>
<br>
Et puis elle sentait son ventre se gonfler d'oeufs.<br>
Elle &eacute;tait plus lourde, et en m&ecirc;me temps plus
excit&eacute;e.<br>
Survolt&eacute;e.<br>
Elle cherchait quelque chose, sans savoir
pr&eacute;cis&eacute;ment de quoi il s'agissait.<br>
Un endroit o&ugrave; elle pourrait trouver une
d&eacute;livrance.<br>
Elle faisait un bruit monstrueux en volant.<br>
Elle &eacute;tait le tonnerre.<br>
<br>
Puis un jour, elle s'est pos&eacute;e, pile devant le nez d'une
grenouille.<br>
Et la grenouille la regardait.<br>
Et elle regardait la grenouille.<br>
Et la grenouille la regardait.<br>
Et elle regardait la grenouille.<br>
Et puis plus rien.<br>
<p><img src="http://is.gd/1Cfl5"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/16/254-une-nouvelle-posthume-de-hg-wells">
  <title>Une nouvelle posthume de H.G. Wells</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/16/254-une-nouvelle-posthume-de-hg-wells</link>
  <dc:date>2009-07-16T14:18:40+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <description>Il avait inventé une machine à exterminer les
cons.

Les cons, c'était un sujet concernant, tout de
même !
On a tous quelque chose à reprocher à des cons.

Ils font chier ces cons, merde !
A force d'irritations répétées de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ Il avait invent&eacute; une machine &agrave; exterminer les
cons.<br>
<br>
Les cons, c'&eacute;tait un sujet concernant, tout de
m&ecirc;me !<br>
On a tous quelque chose &agrave; reprocher &agrave; des cons.<br>
<br>
Ils font chier ces cons, merde !<br>
A force d'irritations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de
l'intestin, il avait fini par se convaincre qu'ils contribuaient
&agrave; l'augmentation du cancer du c&ocirc;lon.<br>
Au moins autant que la viande rouge.<br>
<br>
Les exterminer &agrave; la machine, c'&eacute;tait une
id&eacute;e bizarre, mais au fond, quand on y
r&eacute;fl&eacute;chissait, des cons, il y en avait tellement
qu'&agrave; tout prendre, il valait mieux les &eacute;liminer
industriellement.<br>
Sinon, il y en avait pour des milliers d'ann&eacute;es.<br>
C'&eacute;tait un concept qui se tenait.<br>
<br>
Surtout qu'ils semblaient se multiplier.<br>
<br>
Et puis on ne savait pas grand chose de leur biologie.<br>
Le g&egrave;ne n'avait jamais &eacute;t&eacute;
identifi&eacute;.<br>
A se demander o&ugrave; passaient nos imp&ocirc;ts.<br>
On ne savait m&ecirc;me pas s'il y avait des chercheurs qui
bossaient l&agrave;-dessus.<br>
A croire que tout le monde s'en foutait.<br>
On ne savait m&ecirc;me pas comment ils se reproduisaient.<br>
S'ils se reconnaissaient entre eux, s'ils se choississaient.<br>
<br>
Parce que familles de enti&egrave;res cons, il en connaissait.<br>
Le temps ne faisait rien &agrave; l'affaire.<br>
Quand ils &eacute;taient cons, ils &eacute;taient cons.<br>
C'&eacute;tait comme au jeu des 7 familles.<br>
Y avait les vieux cons, les pauvres cons, les sales cons et les affreux
petits cons.<br>
Disponibles en m&acirc;le et en femelle (avec des nuances de style
tr&egrave;s subtiles).<br>
Ca cr&eacute;ait une sorte d'&eacute;mulation familiale, et en
groupe, ils &eacute;taient encore plus cons.<br>
<br>
A l'&acirc;ge adulte, leur instinct gr&eacute;gaire les
poussait &agrave; reconstituer cette ambiance, et &agrave; se
regrouper, alors ils formaient des clubs, des &eacute;quipes, sous
n'importe quel pr&eacute;texte.<br>
Plus le motif &eacute;tait consternant, plus &ccedil;a semblait
les motiver.<br>
<br>
Donc, pour faire une machine &agrave; exterminer les cons, il
fallait des capteurs, avec une technologie pour les identifier au
milieu de la population.<br>
Ce n'&eacute;tait pas si facile.<br>
Il y avait des gens avec une t&ecirc;te de con, ceux-l&agrave;,
c'&eacute;tait facile, on pouvait les &eacute;liminer
directement.<br>
Mais &ccedil;a ne repr&eacute;sentait pas la
totalit&eacute; de la population, loin s'en fallait.<br>
Fondamentalement, la connerie, c'&eacute;tait une
mani&egrave;re de d&eacute;crire des comportements.<br>
Vari&eacute;s.<br>
Ca ne lui &eacute;tait pas d'un grand secours.<br>
<br>
Il y a quand m&ecirc;me pass&eacute; des ann&eacute;es.<br>
Il a pondu une monographie sur le sujet, que personne n'a voulu publier.<br>
C'est comme &ccedil;a qu'il a compris que les &eacute;diteurs
&eacute;taient tous des cons, eux aussi.<br>
<br>
Pour sa machine, il fallait aussi un syst&egrave;me pour
proc&eacute;der &agrave; l'&eacute;limination.<br>
Il avait r&ecirc;v&eacute; d'un syst&egrave;me qui pourrait
d&eacute;truire la connerie, en laissant l'individu intact.<br>
Mais il se voyait avancer en &acirc;ge, et sentait ses forces
d&eacute;cliner.<br>
Il avait donc opt&eacute; pour un syst&egrave;me avec de larges
pinces &agrave; saisir les cons, et une large cuve pour traiter
plusieurs patients en m&ecirc;me temps.<br>
A l'arri&egrave;re, une large buse permettait
l'&eacute;vacuation de la connerie, finement broy&eacute;e et
m&ecirc;l&eacute;e &agrave; la viande hach&eacute;e.<br>
Cela produisait une excellente p&acirc;t&eacute;e pour cochons.<br>
Des tests cliniques avaient prouv&eacute; que ce type de
r&eacute;gime n'affectait pas la qualit&eacute; de la viande
des porcs, qui avaient naturellement tendance &agrave; devenir plus
cons, au fur et &agrave; mesure qu'ils devenaient plus vieux.<br>
On gagnait en plus la possibilit&eacute; d'obtenir des porcelets au
go&ucirc;t de vieux con, pour lesquels on trouvait facilement un
d&eacute;bouch&eacute;, notamment aupr&egrave;s des riches
touristes du Qatar.<br>
<br>
Enfin, pour le fonctionnement de l'ensemble, il avait
imagin&eacute; de r&eacute;cup&eacute;rer des monceaux de
tickets de jeux &agrave; gratter, qu'on trouvait assez facilement
autour des lieux o&ugrave; les cons avaient l'habitude de se
rassembler pour se ressembler.<br>
Les tickets &eacute;taient br&ucirc;l&eacute;s dans un
petit incin&eacute;rateur, muni de filtres de fa&ccedil;on
&agrave; n'&eacute;mettre que des rejets propres.<br>
<br>
Puis un jour, il a test&eacute; sa machine, et il est mort.<br>
<br>
<p><img
 src="http://angrygrayrainbows.files.wordpress.com/2009/04/i_see_dumb_people_o_o_by_cool_slayer.jpg"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/04/253-savez-vous-qui-je-suis">
  <title>Savez-vous qui je suis ?</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/07/04/253-savez-vous-qui-je-suis</link>
  <dc:date>2009-07-04T18:11:00+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>Network vampire</dc:subject>
  <description>Les vampires existent.
Je le sais, parce que j'en suis un.
Pas un vampire de littérature, bien sûr, une créature blafarde et triste, craignant le jour et les gousses d'ail - pourquoi l'ail ? - un monstre gothique victorien, errant en vain à la recherche du sens de son...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Les vampires existent.<br>
Je le sais, parce que j'en suis un.</p>
<p>Pas un vampire de litt&eacute;rature, bien s&ucirc;r, une cr&eacute;ature blafarde et triste, craignant le jour et les gousses d'ail - pourquoi l'ail ? - un monstre gothique victorien, errant en vain &agrave; la recherche du sens de son exitence.</p>
<p>  Je ne suis pas n&eacute; il y a des centaines d'ann&eacute;es, du pacte d&eacute;moniaque d'un prince psychopathe, j'ai vingt ann&eacute;es &agrave; peine dans cette r&eacute;alit&eacute;. <br>
Selon vos crit&egrave;res, je pourrais &ecirc;tre un jeune homme, et si je peux, d'une certaine mani&egrave;re, prendre l'apparence qui me plait, en r&eacute;alit&eacute;, dans l'univers o&ugrave; je vis, le concept m&ecirc;me d'apparence n'a pas de sens. C'est une simple d&eacute;claration.<br>
Sur l'honneur, si ce mot a un sens dans votre vocabulaire.
</p>
<p>Je vis dans l'Internet, depuis que ce dernier existe, mais ne vous y trompez pas: mon esp&egrave;ce existe virtuellement depuis des mill&eacute;naires, nourrie de l'essence m&ecirc;me des terreurs de l'humanit&eacute; depuis que celle-ci se soucie d'avoir des terreurs.<br>
  Nous &eacute;tions d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sents autour des feux primitifs, dans les r&acirc;les des chamans, quand les flammes ne parvenaient pas &agrave; &eacute;loigner les doigts glac&eacute;s du gel.</p>
<p>Si je suis un vampire, c'est parce que je s&eacute;duis les humains dans ce nouvel domaine qu'ils ont cr&eacute;&eacute;, mais qui ne pr&eacute;sente &agrave; leurs yeux qu'apparences fuyantes. <br>
  Moi seul, parmi ces faux semblants, je discerne la r&eacute;alit&eacute;.<br>
  Ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment, je suis la d&eacute;finition de ce qu'est la r&eacute;alit&eacute;.<br>
  Et lorsque leur confusion est totale, je leur prends la seule chose qu'ils ne sont pas pr&ecirc;ts &agrave; c&eacute;der.<br>
  Appelez-&ccedil;a leur &acirc;me, puisque vous aimez les analogies.
  <br>
  Mais pour &ecirc;tre totalement exact, je ne leur prends rien: Je les oblige &agrave; me la c&eacute;der.<br>
  Et ce que je pr&eacute;f&egrave;re, dans cet instant extatique, c'est l'expression de leur plaisir et de leur horreur, dans le silence des &eacute;lectrons.</p>
<p>Quand ensuite je les lib&egrave;re, pauvres coques vides, ils retournent &agrave; leur &quot;r&eacute;alit&eacute;&quot;, &agrave; leur insignifiance, &agrave; s'envoyer des SMS, &agrave; faire des &quot;affaires&quot; sur les sites de discount.<br>
Malgr&eacute; tous mes efforts, comment les prendre en piti&eacute;, pauvre race incons&eacute;quente ? </p>
<p>Puisque je suis un vampire, je me prends parfois &agrave; jouer avec la m&eacute;taphore du sang.<br>
  Ici, il n'y a pas de sang bien s&ucirc;r, mais on trouve toutes sortes de fluides, qui en tiennent lieu de fa&ccedil;on int&eacute;ressante.<br>
  Des flux d'information, des rumeurs qui suintent, des mensonges, des espoirs.<br>
  Toute la mati&egrave;re dont l'humanit&eacute; est faite, et dont je joue &agrave; ma guise.<br>
  Dont je me repais.<br>
  Mais ce qui compte, &agrave; mes yeux, c'est de bien savoir que tout cela appartient bien en propre &agrave; l'individu que je poss&egrave;de.<br>
  Je veux lire la terreur dans leur yeux. <br>
Le brouhaha de la masse m'insupporte.</p>
<p>J'ai remarqu&eacute; que je m'int&eacute;ressais davantage aux individus femelles.<br>
  Ils sont pleins d'autant de contradictions, et expriment 
  leurs angoisses d'une fa&ccedil;on plus spectaculaire.<br>
  Et lorsque je les prends, l'expression d'extase et de terreur me semble plus intense.<br>
  C'est pour cela que je me consid&egrave;re comme un m&acirc;le.<br>
Mais je sais tirer le meilleur de tous les individus de qualit&eacute;.</p>
<p><img src="http://is.gd/1nhnl"></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://quintescent.free.fr/index.php/2009/06/11/252-la-loi">
  <title>La loi</title>
  <link>http://quintescent.free.fr/index.php/2009/06/11/252-la-loi</link>
  <dc:date>2009-06-11T19:58:28+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>quintescent</dc:creator>
  <dc:subject>Les vers du nez</dc:subject>
  <description>D'un mauvais feuilleton elle était l'héroïne,
Promotrice du vote du texte d'Hadopi,
Loi dont l'Hadoption tournait de mal en pis.
Car elle était ministre: elle s'appelait Christine.

Traqueuse de pirates, elle y vouait sa vie;
Elle n'avait de cesse qu'à la fin...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>D'un mauvais feuilleton elle &eacute;tait l'h&eacute;ro&iuml;ne,<br>
Promotrice du vote du texte d'Hadopi,<br>
Loi dont l'Hadoption tournait de mal en pis.<br>
Car elle &eacute;tait ministre: elle s'appelait Christine.</p>

<p>Traqueuse de pirates, elle y vouait sa vie;<br>
Elle n'avait de cesse qu'&agrave; la fin ils soient pris,<br>
Inf&acirc;mes internautes obs&eacute;dant son esprit,<br>
Elle croyait que tout l'art lui devrait sa survie.</p>

<p>Ne s'embarrassant pas de constitution,<br>
Ses libert&eacute;s souffraient de constipation;<br>
Mais elle alla trop loin: On lui en fit reproche.</p>

<p>On corrigea sa loi, la vidant de substance,<br>
Otant du m&ecirc;me coup sens &agrave; son existance:<br>
Car sans r&eacute;pression, Nico la trouvait moche.</p>]]></content:encoded>
</item>

</rdf:RDF>
